| on
lit souvent des histoires de coming out, parfois ça se passe
bien, à d'autres reprises c'est plus difficile, sauf que
je n'ais jamais lu une histoire qui se transforme en cauchemar,
en effet, gay et fier de l'être, j'ai fais mon coming out
le jour de mes 20 ans, chez mes parents où je vivais à
l'époque, j'ai aujourd'hui 28 ans, je vis seul, je suis informaticien
et je m'appelle David.
le
jour de mes 20 ans donc, beaucoup de ma famille était présente,
enfin mes parents, frères et sœurs, oncles et tantes,
plus quelques amis, et au moment du discours, voilà ce que
je dis à l'assemblée :
( j'avais écrit mon texte )
"
chers parents, chers amis, il est un jour important où l'on
fête ses 20 ans, le jour où peut-être on devient
un homme, le jour peut-être où on vous considère
comme tel !
Je
suis heureux donc de passer cette transition importante dans ma
vie, avec ma famille et les gens que j'aiment.
Seulement
être un homme, c'est être fier de soi, ne pas mentir
et savoir affronter la vérité quelle qu'elle soit
!
vous me connaissez, et vous savez que j'ai des valeurs, je ne pense
pas vous avoir déçu jusque là, seulement il
y a bien une personne déçu aujourd'hui, et cette personne
c'est moi, pourquoi ?
tout simplement parce-que je me mens à moi-même, et
par conséquent à vous aussi. Je profite donc de mes
20 ans pour vous dire que je ne suis pas vraiment celui que vous
pensez, je ne veux pas passer mes 20 prochaines années dans
le mensonge, le non dit, les rumeurs.
Ce
que je veux vous dire, c'est que je n'aurais pas la vie telle que
vous la prévoyez pour moi, il est possible que je n'ais jamais
d'enfants, il est possible que je ne puisse jamais me marier, car
la loi aujourd'hui l'interdit, je suis un garçon ... qui
aime les garçons.
je
sais que c'est un choc pour beaucoup d'entre vous, mais s'il vous
plaît ne me jugez pas, je n'ais pas choisis les sentiments
que je ressens, je vais alors enfin pouvoir respirer, ne plus mentir.
J'espère
que votre regard et vos sentiments ne changeront pas.
voilà
donc le discours que j'ai énoncé devant l'assistance,
pendant plusieurs secondes qui m'ont paru des minutes, pas un mot,
pas de bruit, un silence de mort, puis une de mes tantes, la plus
proche de moi se mis à dire " alors on le mange ce gâteau
! ".
Cette
petite phrase anodine a permis de rompre le malaise et de reprendre
le cours de la soirée, mais le malaise ou plutôt la
gêne était là, la phrase qui revint toute la
soirée était " c'est ta vie " et on te soutiens.
Ma mère aussi a prononcé cette phrase, seulement elle
n'a pas digéré cette annonce.
Quelques
semaines plus tard, je partis pour mes études et la traque
commença, alors qu'elle m'appelait environ qu'une fois par
semaine, c'est pratiquement tous les jours qu'elle me téléphonait,
pour avoir des nouvelles, le week-end je ne rentrais pas systématiquement,
ma mère débarquait alors sans me prévenir tôt
le matin, certainement pour me surprendre ou se rassurer !
un
dimanche d'ailleurs elle trouva un copain de cours dans ma chambre,
c'était juste un copain, mais elle fut très froide
avec lui, voir impolie, ce qui l'obligea à partir. Elle demanda
même à mon service d'hébergement de me changer
de chambre, trop près de ce garçon qu'elle avait surpris
dans ma chambre.
Durant
ce temps là, je n'ais pas vraiment fais attention ,elle avait
toujours des excuses, mais je commençais à comprendre,
je faisais alors tout pour qu'elle me laisse tranquille, mais c'est
aussi le temps où j'ai rencontré Michael, et là
évidemment, je ne voulais plus faire d'effort avec ma mère,
je passais mes week-ends avec lui, mes nuits aussi, il était
plus âgé que moi , j'en avais 20, lui 27 !
un
matin, j'ai eu la surprise de voir débarquer la police dans
ma chambre, devant tous les étudiants, je me demandais ce
qui se passait, il était très tôt, même
le doyen de la fac était présent, j'étais encore
au lit avec Michael, la police le tira alors hors du lit, lui mis
les menottes et l'embarqua, je demandais ce qui se passait, mais
les seuls mots de la police était " habillez-vous nous
allons au poste ".
Arrivé
effrayé au poste donc, la police me demanda depuis combien
de temps j'étais sous l'influence de mon amant et depuis
combien de temps je devais subir les viols !!!
J'étais
complètement heberlué, et expliqua la situation, que
c'était mon petit ami, et que je n'avais jamais été
violé, les explications virent alors très vite, en
fait c'était ma mère qui déposa plainte contre
Michael pour viol et abus de faiblesse ( ou quelque chose comme
ça ).
J'appris
pas la suite, qu'elle avait un espion au sein de la fac, un voisin
de chambre qui lui téléphonait quand Michael dormait
dans ma chambre !
évidemment
le choc fut grand, Michael a très mal vécu cette interpellation,
il fut humilié, resté nu dans sa cellule, il travaillait
au sein de la fac, il fut renvoyé après cette affaire,
moi aussi d'ailleurs, pour avoir fait entrer une personne dans ma
chambre, mais en fait, c'est surtout parce-que nous étions
2 garçons.
Après
cette aventure, je décidais de rompre les liens avec ma mère
pour un moment, je changeais de fac et de ville d'ailleurs ! Michael
n'était pas fâché contre moi, mais il avait
préféré rompre.
il
m'a fallu plusieurs mois pour digérer cette mésaventure,
c'est surtout avec l'intervention de mes frères et sœurs
que la situation s'arrangea, mais ma mère n'a toujours pas
compris, aujourd'hui j'ai 28 ans, mais elle continue à m'espionner,
je lui ais fais comprendre que je n'accepterais plus d'interférence
dans ma vie, mais ce n'est pas facile, c'est ma mère quand
même, elle s'est toujours sacrifié pour nous et j'ai
conscience que je l'ais déçu, je lui ais fais du mal
en avouant mon homosexualité.
Je
ne luis ais jamais présenté un copain, ça sert
à rien, au contraire, elle aurait pu être alors plus
vindicative, je vis à 200 km de la maison, j'ai donc ma vie
tranquille, mes amants d'un jour .. ou de quelques mois, j'attends
le garçon de mes rêves et peut-être, une fois
que ce sera le bon, j'envisagerais une rencontre, mais bon, c'est
pas gagné !
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